NOTE: To use the advanced features of this site you need javascript turned on.

Site en langue française English site
Evolution du projet de relance agricole dans la commune de Saint-Marc
Écrit par Harold ERRIE   
Vendredi, 09 Décembre 2011 17:45

 

Logo_coopration   logo_111111

I. Cadre de référence

1.    Rappel du plan opérationnel du projet.

1.1    Groupe cible
Les bénéficiaires du projet sont les planteurs de la région des Hauts de Saint-Marc, la plupart organisés en associations. En effet, il existe 15 périmètres irrigués ou blocs ou quartiers d’irrigation avec un comité de cinq membres à la tête de chacun. Ces comités ont à leur charge la gestion et l’entretien des canaux d’irrigation pour une meilleure distribution de l’eau. Leurs actions sont coordonnées et supervisées par un comité de direction ou comité central de sept membres dont le président, Wilner Vertusma, reconnus par le Ministère de l’Agriculture et le Bureau Agricole Communal de Saint-Marc (BAC). 1 619 planteurs sont affiliés à cette entité associative.
1.2    Situation de base
Depuis une quinzaine d’années, il est dit par le Ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement Rural (MARNDR) que la gestion et l’entretien des canaux d’irrigation ou des périmètres irrigués sont du ressort des Paysans planteurs sous la supervision des directions régionales ou départementales.
En 2002, 1 600 planteurs de la région des Hauts de Saint-Marc se sont constitués en Association d’Irrigants sous la férule du Bureau Agricole Régional de Saint-Marc pour prendre en charge le système d’irrigation de la zone. Cependant, les performances agricoles, en termes de productivité et de rendement, ne se sont pas améliorées, bien au contraire, le secteur agricole a profondément décliné dans la région et les paysans sont extrêmement appauvris par la problématique de l’eau.
Il convient de souligner que 35% de la consommation urbaine (Ville de Saint-Marc), en termes de production locale, dépend de l’agriculture des Hauts de Saint-Marc qui, à son tour, enregistre depuis les années 2000 une perte de 20% à cause du déficit de l’eau.
389_2Or l’eau ne manque pas dans la région, c’est sa gestion qui en est extrêmement difficile, vu l’état actuel des infrastructures d’irrigation.
En effet, les usagers du système d’irrigation des Hauts de Saint-Marc utilisent des formes traditionnelles de captage pour gonfler l’eau des rivières (Kobe et Veuve) et l’amener jusqu’aux parcelles. Pour cela, les Planteurs utilisent toutes sortes d’objets, particulièrement des déchets végétaux, pour faire obstacle et dévier le flux normal et régulier de l’eau.
Cette action s’explique par le fait que les ouvrages hydro-agricoles, principalement les ouvrages de prise, les partiteurs et les portes des canaux, sont tous démolis par l’usure et par les crues successives (intempéries, ouragans, cyclones, etc.), ce qui coïncide avec le retrait brutal des interventions gouvernementales dans l’aménagement des périmètres irrigués. Par ailleurs, les canaux construits sur le système et qui forment le Périmètre global des Hauts de Saint-Marc sont  actuellement en terre battue, ce qui cause des pertes d’eau excessives dues à l’infiltration aquifère dans le sous-sol.
Cette situation entraîne de graves conséquences sur les plans socio-économiques et environnementaux : faible rendement de la production (surtout concernant les terres situées en aval), insécurité alimentaire, baisse de revenus, conflits sociaux, exode rural etc. La diminution de l’eau engendre également de fortes pressions sur l’écosystème local déjà fragile. La baisse de la production agricole a également pour effets de pousser les paysans à rechercher des sources de revenus supplémentaires en transformant les produits forestiers et fruitiers en charbon de bois, ce qui explique la forte érosion qui sévit dans la région. Pire, la coupe des arbres est néfaste pour l’avenir des sols arables et la consistance des berges de la Grande Rivière de Saint-Marc et de ses affluents.
La problématique que nous venons de décrire plus haut, est d’autant plus délicate que 407 familles, ressortissantes de la zone ciblée par le projet, mais déplacées de Port-au-Prince par le séisme du 12 janvier 2010 (Source : PAM/WFP), se sont reconverties dans l’agriculture locale en quête de subsistance.
1.3    Objectifs
Le projet a pour objectif général : l’augmentation et la sécurisation de la production alimentaire en ciblant prioritairement le secteur irrigué des Hauts de Saint-Marc jouant un rôle important dans l’approvisionnement alimentaire de la ville de Saint-Marc.
Le projet a pour objectifs spécifiques :
- La réhabilitation du système des Hauts de Saint-Marc ;
- Le développement de la capacité d’autogestion des bénéficiaires et de leurs organisations ;
- L’augmentation de la valeur de la production agricole
1.4    Résultats
Le projet a pour finalités :
- La production agricole est relancée et permet à 3.000 agriculteurs/agricultrices et aux membres de leurs familles de renforcer leur sécurité alimentaire et d’améliorer leur situation économique
- La production agro-pastorale est augmentée, la sécurité alimentaire et les bénéfices financiers s’accroissent ;
- Les agriculteurs/agricultrices bénéficient d’un meilleur soutien de la part des organisations agricoles et de la direction régionale de l’agriculture.
1.5    Moyens prévus pour la mise en œuvre de l’action
Ressources financières   
Fonds provenant du Ministère belge de la Coopération au Développement et géré par CNCD-11.11.11
Fonds propres du CIDeCS
Ressources matérielles
Bureau
Véhicules de transport
Matériaux de construction
Ressources humaines
Staff du CIDeCS
Membres de l’Association des irrigants
Organisations prestataires de service : bureaux d’étude et entreprises de construction

2.    Les acquis du projet au premier semestre de 2011.

Au cours du premier semestre de 2011, le projet a connu une lente évolution à cause de nombreuses haltes. D’abord, les soubresauts de la période électorale qui s’est prolongée au-delà de 2010 et qui ont mobilisé tout le pays (Haïti), particulièrement Saint-Marc où l’enjeu était de taille à cause du retour d’un candidat fort controversé par les événements de la chute d’Aristide et des tueries perpétrées à Saint-Marc à cette époque-là, et d’autre part, la saison pluvieuse qui a retenu les paysans plus souvent dans les champs et constitue un handicap sérieux dans la construction d’ouvrages sur les rivières et les canaux du fait des crues et des inondations.
Les activités qui ont été réalisées n’ont certes pas toutes été planifiées mais elles ont été fort pertinentes et utiles car elles ont permis de revitaliser le projet et d’animer les groupes cibles.
La mobilisation des planteurs a été effectuée via les comités des blocs d’irrigation et le comité central, et le plan d’action du projet a été diffusé à tous les planteurs à travers des séances de réunions.
Une grande opération de curage des canaux a été organisée par le CIDeCS et l’association des planteurs peu avant la saison des pluies. Environ 600 planteurs, hommes et femmes, ont pris part aux travaux qui ont duré 30 jours avec le concours de l’instance étatique le BAC de Saint-Marc, Bureau Agricole Communal. Tout de suite après, pendant dix jours, 75 personnes de l’association des irrigants ont participé à un cycle de formation sur la gestion des parcelles sous la conduite de l’agronome Serge Manéus, ex-directeur du BAC de Saint-Marc.
Une visite de la délégation du Bureau de 11.11.11 sur les sites du projet a été effectuée en mai 2011 par Ilse Roels avec l’accompagnement du CIDeCS et de deux membres du Comité central des irrigants.

II.    Activités de la période Août-Décembre 2011

Les activités du projet ont repris en septembre, mois qui marque la tendance de diminution d’intensité des pluies. L’agenda s’est fixé sur les activités préparatoires à la construction des ouvrages hydro-agricoles, la concertation avec les différentes parties prenantes.

1.    Septembre 2011

1.1    Le vendredi 9 septembre 2011, le CIDeCS et le Comité de gestion de l’association des irrigants se sont réunis à Badomo (Barbe) pour faire le point sur l’avancement du projet de Relance agricole.
La restructuration des sous-comités a été évoquée ainsi que la possibilité de mobiliser les planteurs pour une nouvelle opération de curage après la saison des pluies. Mais la question qui a fait essentiellement l’objet des débats, a été la remise en état des prises d’eau avec batardeaux.
Le CIDeCS a informé qu’un ingénieur civil serait contracté comme consultant afin de procéder à l’élaboration des documents d’appel d’offres (DAO) et organiser la passation de marché pour l’étude technique des prises d’eau.
Il a été prévu, après discussion entre les membres du comité des irrigants et le CIDeCS, de réunir tous les comités des planteurs, une fois l’étude terminée, pour l’analyse des résultats de celle-ci et envisager le choix des sites des batardeaux à réaménager.

IMG_37041.2    Le lundi 12 septembre 2011, la visite de cinq périmètres d’irrigation des Hauts de Saint-Marc a été effectuée par l’ingénieur Midley-Etzer Métayer, le coordinateur du CIDeCS Harold Errié et les membres du comité central des irrigants, Wilner Vertusma, Stéphène Augusmat etc. Les prises d’eau et les batardeaux observés ont été : Barbe Santache, Roussette, Bally, Villejoint et Janain. L’ingénieur a suggéré l’idée d’étudier techniquement les conditions géomorphologiques et hydrologiques des cinq sites et de bien analyser les résultats avant de sélectionner ceux dont l’aménagement est à la portée du projet, financièrement et techniquement.

1.3    Le 27 septembre 2011, le CIDeCS fait signer un contrat de consultance à l’ingénieur Médly-Etzer Métayer dont la tache est de :
•    Elaborer et présenter, avec l’accord du Coordinateur du projet, le dossier d’appel d’offres (DAO) pour l’étude des prises d’eau avec batardeaux;
•    Former et intégrer le Comité de sélection pour l’appel d’offres ;
•    Evaluer les offres des entreprises et désigner l’entreprise gagnante.

1.4    Le 30 septembre 2011, l’appel d’offre pour la réalisation de l’étude technique est lancée. Les termes de référence sont clairs. Il est demandé aux firmes concurrentes de proposer une offre technique et une offre financière pour les travaux suivants :
- Etude topographique des Cinq (5) prises d’eau avec batardeaux en donnant les profils.
- Procédés de stabilisation du lit de la rivière sur 15.0m en Amont et 15.0m en Aval.
- Captage d’une quantité d’eau vers des canaux principaux.
- Étude du débit dans les différents canaux par rapport au nombre d’usagers.
- Étude technique de la protection des berges sur les périmètres des prises et des batardeaux.
- Étude de la maçonnerie de roches des canaux sur 30.0m chacun après le batardeau.
- Présentation de tous les plans nécessaires pouvant servir à l’exécution du projet.

Cinq firmes locales, ont postulé au concours mais seulement deux ont soumis un dossier contenant leur offre après un délai de deux semaines.

2.    Octobre 2011

2.1    Le CIDeCS a été invité par 11.11.11 à un atelier de formation autour du thème «  Plaidoyer » les jeudi 6 et vendredi 7 octobre 2011 à Port au Prince. Le CIDeCS a répondu à l’appel en la personne du coordinateur de projet Harold Errié.

2.2     Le 24 octobre 2011, après analyse et examen par les membres du Comité de sélection (l’ingénieur consultant Médly-Etzer Métayer, le coordinateur de projet Harold Errié et l’administratrice-comptable Sherlie Grécy), la firme JCO Ingénierie est qualifiée attributaire du marché.

2.3    Le 28 octobre 2011, une réunion tripartite est organisée au Bureau du CIDeCS à Saint-Marc : les participants sont le personnel du CIDeCS (Harold Errié et Sherlie Grécy), les membres du Comité central de l’association des irrigants (Wilner Vertusma, Stéphène Augusmat, Clairianise Joseph, Ironce, Elsa) et trois ingénieurs de la firme (Philémont, Murat, Holvens). Les planteurs sont informés sur le processus et les résultats de l’appel d’offre et font connaissance avec la firme et ses représentants qui indiquent comment ils procéderont pour effectuer l’étude et de quelle manière les planteurs devront collaborer avec eux.
Après avoir pris rendez-vous pour la première visite des périmètres irrigués, les ingénieurs signent en présence des planteurs le contrat qui les lie au projet pour la réalisation de l’étude.

2.4    Le 31 octobre 2011, les ingénieurs de la firme, accompagnés des principaux leaders de l’association des irrigants, effectuent leur première visite sur les lieux du projet.

3.    Novembre 2011

Les 1ers et 2 novembre 2011, la firme prélève les données et organise des entrevues avec les planteurs des cinq canaux ciblés par le projet.

Mercredi 9 novembre 2011, le CIDeCS rencontre 20 planteurs à raison de 4 planteurs en provenance de chacun des périmètres de Barbe Santache, Bally, Roussette, Villejoint et Janain. Cette déIMG_6240légation exigeait plus d’explications sur le déroulement du projet et l’avancement des travaux. Après deux heures de dialogue au Centre culturel Le Troquet, tous les planteurs présents se sont déclarés satisfaits et ont montré leur motivation pour la réussite du projet.

IMG_6242Jeudi ou Vendredi 10 ou 11 novembre 2011, une rencontre oppose le CIDeCS et l’Association des irrigants avec le directeur du BAC pour confirmer l’accompagnement futur de son personnel tant au niveau technique qu’administratif. Mr Olden rassure sur le rôle du BAC en tant que maître d’ouvrage moral et superviseur à la fois et, qu’en temps et lieu, les agents de cet organisme feront leur apparition pour appuyer le projet. Il met en garde sur la nécessité de bien coordonner le calendrier d’exécution du projet avec le calendrier agricole de la région.

Mercredi 16 novembre 2011, restitution des travaux d’étude par la firme. Les documents sont remis au coordinateur du CIDeCS et révisés par l’ingénieur consultant.

Lundi 21 novembre 2011, une rencontre avec le Comité de gestion des planteurs a lieu pour informer les membres et recueillir leurs avis et corrections.
Le résultat de l’étude est porté sur cinq prises d’eau et batardeaux : Barbe Santache, Roussette, Bally, Villejoint et Janain. L’ouvrage le plus coûteux est celui de Bally et le moins onéreux celui de Barbe Santache. Le lancement des travaux coïncide avec la plantation des haricots ; l’avis des planteurs est donc indispensable.

IMG_6337Vendredi 25 novembre 2011, dans les Hauts de Saint-Marc, un nouveau rendez-vous met face à face le CIDeCS et les représentants directs des planteurs, les cinq comités des blocs de canaux. Après un bref rappel sur l’historique du projet, un long débat a pris pied. Les planteurs sont divisés sur la période de lancement des travaux à cause des plantations de haricots qui commencent en décembre et qui représentent une opportunité économique unique au cours de l’année. Finalement, un grand planteur, notable et fils de la zone, Rodrigue Laurent, recommande de procéder à un vote par comité. Les comités de Barbe Santache et de Janain proposent de construire les batardeaux à partir de décembre et les trois autres préfèrent entamer leurs cultures d’haricots dès décembre. En fait, le batardeau de Barbe Santache est si endommagé que l’eau ne coule plus dans le canal pour aller jusqu’aux parcelles, IMG_6351autrement dit la récolte de haricots est de toute façon perdue cette année. Quant à Janain, les membres du comité ont envisagé une solution après avoir négocié avec les planteurs voisins de Thoman : ils feraient dévier l’eau par le canal de Thoman au moment de l’exécution des travaux, ce qui rendrait possible à la fois et la construction des batardeaux et la récolte des haricots dans leur zone.

4.    Décembre 2011

IMG_6353Jeudi 1er décembre 2011. Pour vérifier la proposition des planteurs de Janain, une rencontre a eu lieu sur la route de Janain au voisinage de chez Yves, coordinateur du comité d’irrigants de Janain. En la présence de 72 planteurs, hommes et femmes, les planteurs de Thoman ont réitéré leur engagement de collaborer avec ceux de Janain pour l’approvisionnement en eau lors de la marche des travaux d’exécution des batardeaux.

Vendredi 9 décembre 2011, lancement de l’appel d’offre pour la construction des prises d’eau avec batardeau à Barbe Santache et à Janain et quelques 500 mètres linéaires de revêtement en béton du canal de Bally.

Le démarrage des chantiers est prévu pour le 21 décembre 2011 ; ils auront une durée maximale de trois mois.

 

5.    Photos des sites des batardeaux à construire


6.1 Barbe Santache
Barbe_Santache_1Barbe_Santache_2
6.2 Janain
Janain_1Janain_2




IIII.    Conclusion

Le projet Relance agricole dans la commune de Saint-Marc a eu du mal à démarrer compte tenu des événements nationaux que nous avons mentionné au début mais également à cause du calendrier climatique de la région de Saint-Marc. En dépit des retards, le projet arrive à respecter le plan d’action prévu et le planning élaboré. Le développement des activités en synergie avec les planteurs, qui constituent le groupe cible, et les autorités du BAC, garantit la bonne marche et l’efficacité du projet.

[ Top ]

Mise à jour le Mercredi, 14 Décembre 2011 09:22